Flavor Flav, l’hyperindividualisme incarné !

Le concept d’hyperindividualisme utilisé dans cet article est emprunté à André Mondoux, professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Concept que j’ai utilisé également pour des recherches antérieures. 

Membre du sulfureux groupe Public Enemy, Flavor Flav représente un peu l’antithèse de ce groupe justement. Là ou Public Enemy est arrivé en 1987 avec une série d’album tous plus militants et engagés, les uns que les autres, Flavor Flav représentait et représente toujours, le fou du roi pouvant justement ouvrir le groupe à un public plus large. En 34 ans de carrière, le rappeur new-yorkais a sorti juste un seul album en son nom, c’est à se demander si l’expérience du studio est quelque chose qui lui tient à cœur. Après tout, personne ne parle ou ne parlera de cet album, donc autant se focaliser sur son apport au sein de Public Enemy et sur ses activités extra-musicales.

Dès le début du groupe, Flavor Flav détonne mais réussis à se faire une place en tant que Hypeman, fou du roi, celui qui diverti et surement attire l’attention des plus distrait, pour les focaliser sur le message de Chuck D. Néanmoins, Chuck D garde la main mise sur le vaisseau Public Enemy et ce n’est que sur l’album de remix Greatest Misses que Flavor Flav aura carte blanche pour laisser aller son personnage en studio avec le morceau Get off my back.

Il est également connu pour son timbre de voix et ses gimmicks : Yeahhhhh boy !! qui sera samplé plus d’une fois par des rappeurs du monde entier, surtout fin des années 80 jusqu’au milieu des années 90, ce gimmick se retrouvera dans beaucoup de chansons. Également il sera en featuring avec le groupe français 113 sur le titre We be hot, une sorte de titre house rap, plutôt raté à vrai dire.

Dynamique de représentation

Flavor Flav se fait surtout connaître pour quelque chose qu’il apprécie particulièrement, c’est le fait de se montrer. Déjà au sein de Public Enemy il créer le spectacle autour de lui. En quelque sorte il est un individu hypermoderne dans le sens où il s’autoreprésente face à l’autre continuellement. Il est un être social même archi social dirais-je, étant continuellement en quête de constructions identitaires. Là où les rappeurs des années 90 ne voulaient absolument pas se faire broyer par la Machine, j’entends par là, devenir pop, commercial, Flavor Flav rejoignait directement le discours d’un Kenzy (Secteur A), invitant la machine à le broyer afin de se faire un certain capital. Comprenez à cela aussi, Doc Gynéco, classez-moi dans la variété.

De ce fait, Flavor Flav utilisera le plus gros médium de l’époque, la télévision et donc les téléréalités de tout genre. Là où l’individu est un pur produit américain et qu’il est un pur produit de monstration et de représentation, Flavor Flav devient très vite le Coca-Cola du hip-hop américain. Le bon côté de la chose et qu’il aidera considérablement cette culture à devenir mainstream, ce dont tout le monde se réjouit aujourd’hui, car la culture hip-hop créé de plus en plus d’emploi, dans différents secteurs et donc de surcroît, devient un business.  Après tout, Akh d’IAM composera une chanson en 2015 pour une campagne Coca-Cola. Pour en revenir à Flavor Flav, c’est que sûrement aidé par Chuck D, il réussira à ne pas bouger d’un poil son personnage au sein de Public Enemy tout en le cultivant année après année et en le confrontant à des choses très éloignées de l’univers radical de Public Enemy, justement, c’est clairement du génie !

Également, sa popularité fais de lui un personnage de jeu vidéo dans le jeu 5 minutes of pain sur la pLaystation 3.

 

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Éditorialiste, musicien/mélomane. J’ai la plume passionnelle. Toujours le petit coup de crayon afin de souligner l'histoire et les tendances.

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