Le rap anglophone montréalais compte plusieurs femmes aux identités fortes, mais leur visibilité locale ne reflète pas toujours la qualité ni l’audace de leur travail. Une sélection de DJ Asma dans les archives ONZ MTL permet de corriger une partie de cet angle mort.
Naya Ali, Chung, Shailah, La Reina, Tyleen Johnson et Backxwash ne forment pas un bloc homogène. Leurs écritures, leurs esthétiques et leurs ambitions diffèrent. C’est précisément ce qui rend la scène intéressante : elle ne peut pas être résumée par un seul son.
À Montréal, une rappeuse anglophone peut se retrouver coincée entre plusieurs marchés. Elle évolue dans une ville majoritairement francophone, tandis que l’industrie canadienne-anglaise regarde souvent vers Toronto. Le public américain, lui, ne distingue pas toujours Montréal comme une scène autonome.
Backxwash a montré jusqu’où une proposition radicale pouvait voyager. Naya Ali construit une présence puissante et cinématographique. D’autres développent des catalogues plus confidentiels, sans que cela diminue leur valeur artistique.
Le rôle d’un média local est aussi de nommer ce qui existe avant que les plateformes ou les prix ne l’officialisent. Revenir sur cette sélection aujourd’hui permet d’observer les trajectoires, mais surtout de rappeler que Montréal possédait déjà une diversité de voix qu’elle n’écoutait pas assez.
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