ROCK/RAP – Crossover – Interview avec RUIN THE BEAT

Entrevue avec le groupe montréalais RTB – Ruin The Beat à l’occasion de notre dossier sur le crossover ROCK/RAP. On a voulu donner la parole à des acteurs de ce mouvement depuis de nombreuses années. Le groupe RTB a su tirer son épingle du jeu en modernisant son style musical. Le neo-métal est mort, mais il en reste forcément quelque chose et RTB le prouve avec des compositions très originales et une imagerie unique.

On s’est entretenu avec Sid, l’un des deux lascars de RTB.

Salut Sid, parle moi de te tes premiers contacts avec le neo-metal

Salut Onzmtl et merci de me donner la parole. En gros si on remonte au début, j’ai vécu en Tunisie, (Afrique du Nord) jusqu’à mes 27 ans et j’ai plongé dans le genre no-metal dès l’âge de 14 ans. De là, je m’en suis nourri comme un fou, un gros consommateur de disques et de life style. Très tôt, ça a prit une place énorme dans ma vie. En 1999, l’année ou je collectionnais les VHS de motocross américain, l’arrivé d’Extreme TV (chaîne TV dédiée au sport extrême), les soundtracks qui en découlaient étaient principalement du neo-metal US (Hed Pe, Coal Chamber, Taproot, 36 Crazy fist) ect. Je traînais avec une gang de skateurs français expatriés en Tunisie qui me faisaient découvrir du vieux Deftones, Slipknot, Limp Bizkit ; (l’album 3 dollars bills), SOAD et Korn. C’est des chouettes souvenirs. Pour le style, on s’habillait en mode baggy jeans, avec les gros hoodies de bands, les cheveux en pique et nous faisions le party à l’américaine avec les français et américains de Tunis, quelle époque de fou !

Comment vois-tu ce genre et comprends-tu qu’il a été très critiqué dans les années 2000 par les soi-disant puristes du métal ? 

Le neo-metal cassait et détruisait le Métal (selon les puristes), car ça balancé des gros flows de rap sur une guitare mal accordée avec un drummer qui passait entre des parties de batterie jouées et un instrumental hip-hop. Ce genre ne plaisait pas à tout le monde en effet.  De ce fait, la communauté était séparée en deux camps et c’était comme ça partout dans le monde ; France, USA, ou même mon petit pays natal. Nous étions considérés comme une sous-catégorie et à mon époque, les bands reprenaient souvent des covers de MetallicaMegadeth et les plus intellos se rapprochaient plus de Pearl Jam ou Nirvana. Quant aux organisateurs de concert, ben ils acceptaient que du Black, Death, Métal nordique donc c’était dur de se faire une place, malgré la popularisation du genre, c’était bizarre. Mais pour en revenir à ta question, ça mettait la pression sur les plus jeunes qui se cherchaient encore, donc le public de neo-metal quittait le genre et la scène au grand max deux ans plus tard. La recherche d’appartenance à un groupe poussait les kids à revenir vers les vieux genres, puis faut pas oublier qu’avec l’arrivé de groupe de plus en plus commercial ben ça rendait le genre éphémère aussi. D’ailleurs cette influence néfaste des anciens a contribué beaucoup à la fin du genre.

Ton meilleur souvenir de rock rap, cross-over ?

Hed Pe et les albums Back to basics, Blackout, Broke, sans hésitation, ma gang de l’époque se tuait à ça et connaissait les paroles par cœur. On faisait toute sorte de conneries en Bmx, skate, motocross, au bord de la plage de Tunis en se prenant pour des Californiens haha.

Ton meilleur souvenir de neo-metal ? 

Live Disasterpiece de Slipknot. J’étais dans une cabine téléphonique en Tunisie en train d’écouter le concert à travers le cellulaire de ma blonde (parisienne) de l’époque qui été sur place, c’était fou !!!

Parle-moi de ton expérience de musicien ?

Personnellement, j’ai commencé à l’âge de 15 ans à reprendre du Deftones, Soad et du Rage Against the Machine sous le nom de ; The Sickness (un des surnoms de Corey Taylor, chanteur de Slipknot), mon premier band avec mes trois frères ! Quelques années plus tard, on avait formé un autre band “Hero-In“, avec mon partenaire de (RTB) d’aujourd’hui “Seif“. Pendant cette période, ça a été la découverte des débuts du genre Metalcore, donc nos influences Nu-metal, surtout du Coal Chamber, se sont mélangés avec du Hatebreed par exemple et cela nous a permis de livrer des shows complètement fous en Tunisie tout en commençant la composition de nos propres titres, chose que la scène tunisienne ne faisait pas haha. C’est important de le souligner ! Deux ans se sont écoulé, puis j’avais attaqué le projet “13 Days Later” (mélange Nu/HxC), qui nous a permis de figurer dans le magazine “Rock one” en France aux côtés de Korn et Slipknot, (notre titre Fuck off était dans la démo du magazine). Également, ça m’a fait connaître sur la grande scène tunisienne tout en inspirant le respect du seul groupe tunisien professionnel “Myrath” qui été émerveillé par nos compostions et nos prestations scéniques a l’coupé le souffle (des intro débiles sur fond de Souljaboy, des motos, des Bmx sur scène et des stripteaseuses.

En somme, le neo-metal continue à influencer mon mode de vie et mes influences musicales aujourd’hui. Je lui dois beaucoup ; mes réussites, mes échecs et surtout mon expérience canadienne hahah.

13 Days later

Aujourd’hui ton groupe c’est RUIN THE BEAT, comment tu me le présenterait ?

Ruin the beat (RTB) c’est un duo indépendant de néo/électro punk métal, développer par deux Seif dont je te parlais tantôt et moi-même. Seif est au chant et moi-même au keyboard/guitare production. On balance nos influences issues des années 90-2000 (Hed pe, Beastie Boys, Manson et Limp Bizkit) à travers des riffs et refrains accrocheurs, accompagné par cela d’un visuel unique.

Ruin The Beat

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Éditorialiste, musicien/mélomane. J’ai la plume passionnelle. Toujours le petit coup de crayon afin de souligner l'histoire et les tendances.

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