Une après-midi avec SeinsSucrer

SeinsSucrer priorise l’art et la musique au lieu de se jeter impulsivement sur les entrevues. Néanmoins, il nous a accordé du temps et on a pu discuter de sa carrière, ses souhaits, ses multiples envies, mais surtout on a parlé rap de fond en comble.

Laisser parler la musique

Raccoon l’a bien dit, «les gens aiment plus les rappeurs que le rap». Une façon de manifester tout ça pour moi, ça été de faire un blocage à l’image, j’ai commencé en misant tout sur l’image, check mon Instagram, c’était plein de photos de moi, je faisais déjà des vidéos, mais fallait que je trouve comment j’allais me mettre en scène en fait, mais surtout comment j’allais faire ma transition. De ce fait, je voulais passer un message, qui était de ne faire aucune apparition médiatique si on veut.

Je ne fais pas de show (pour l’instant)…

Pour l’instant, je dis non à ce qui pourrait être mon plus gros revenu. Le rap, je le fais par passion, pour la culture, pour le «love». Je reçois beaucoup de messages de gens qui me disent, «yo ! c’est ton année, tu vas percer».

Dans mon cœur, j’ai déjà percé

Quand il y a des personnes comme «Dice B» qui m’approche pour faire un album (Nuit blanche ; 2022), ou des «OG« qui m’envoient des fleurs, ça + le fait d’être satisfait par ce que je fais, j’ai percé man …. merci bonsoir.

La seule certitude que j’ai c’est de n’être sûr de rien…

En ce qui concerne l’album (Doute Raisonnable ; 2023), je ne n’ai pas toujours une ligne directrice, je me jette un peu dans un projet sans savoir ou je vais, mais guider par la passion de faire de la musique. Par la suite, au fur et à mesure du projet, je commence à découvrir le fil rouge et une possible ligne.

Tu ne peux pas tuer le doute, c’est impossible, tout ce que tu peux faire c’est apprendre à conjuguer avec, et vivre avec, trouver ta manière à toi de vivre avec tous les jours quoi !

Photo: Al Pereira

Tout le travail entourant un album

En général et je commence par tout faire moi-même ; penser à un album, une idée, écrire, le produire, l’enregistrer, le mixer jusqu’à penser au graphisme. J’ai très souvent une idée assez claire de ce que je veux. Là, je commence à travailler de plus en plus avec d’autres personnes, puis il faut dire que ma copine est graphiste. De ce fait, elle a travaillé sur beaucoup de mes covers, puis dans les gens proches avec qui je travaille il y a «Phat est la Sonorité» qui est souvent là, afin que j’aie des photos de qualité. En ce qui concerne mix et mastering, c’est ou moi ou un«Producer« avec qui je vais travailler sur un projet en particulier.

Gin et cassettes, l’album déterminant…

C’est clairement l’album que j’ai toujours voulu faire. Avant cela, je n’avais pas les aptitudes pour le faire, à cette époque, je recommençais à rapper sur du «Boom Bap», j’avais la bonne énergie.

Doute Raisonnable avec Generictm

Generictm est quelqu’un de très méticuleux. Il a aussi pris part à la structure des chansons. Par exemple il me faisait des propositions du genre ; je verrais bien un refrain à ce moment-là, on pourrait peut-être faire une structure comme ça sur telle ou telle chanson, etc. Il a même «beatswitch» des beats, pour te dire. Il a changé l’instrumental sur mes tracks de voix, mais à chaque fois pour une raison qui faisait énormément de sens, anyway, je suis quelqu’un d’ouvert. On discutait beaucoup des fréquences ensemble, par rapport à ma voix et à certaines sonorités de tel ou tel instrumentaux, assez chirurgicales finalement. J’ai rencontré «Generictm» par l’intermédiaire de «Greg Beaudin» qui nous a mis en relation.

Le studio

La majorité du temps, j’enregistre dans mon home studio. Ma technique est assez particulière à vrai dire. J’enregistre loin du micro, en bougeant sans arrêt et en vivant vraiment chaque phrase que je dis. Pour continuer un peu sur le volet technique, je suis conscient des conditions dans lesquelles j’enregistre, qu’il va y avoir beaucoup de «room», mais j’ai besoin de transmettre de l’énergie. La manière dont j’ai fonctionné avec Generictm c’est que je lui ai envoyé deux pistes de voix ; une avec mes réglages de mix et une «Raw». À partir de là il construisait les morceaux, disons.

It was all a dream…

Je suis tombé dans le rap dans les années 2000, et ma cousine m’avait donné un CD gravé avec dessus pleins de chansons dont «Juicy» de Notorious Big. Très vite, j’ai eu les lyrics dans la tête; «It was all a dream, I used to read Word Up! Magazine, Salt-n-Pepa and Heavy D up in the limousine, Hangin’ pictures on my wall»… je chantonnais cela sans cesse, cette mécanique et le rythme des mots, ça m’obsédait. Je connaissais aussi les paroles de Drake et je les chantais en classe.

Polir son art

Je travaillais de quoi avec Loe Pesci récemment et il me donnait ce conseil bienveillant d’écrire mes textes, et moi comme je t’ai dit, c’est rare que j’écrive, je suis quelqu’un de vraiment spontané qui n’écrit pas ou rarement disons. Puis au fil de notre échange, il me disait qu’il aimait bien la manière dont je «punch in». 

Les inspirations et l’importance de Enter the Wu-Tang (36 Chambers)

Je me suis beaucoup inspiré de Westside Gunn quand j’ai écrit l’album «Bourgogne» et c’est cet artiste qui m’a fait comprendre que je pouvais utiliser mon «high pitch». Le Wu Tang Clan également, toute la philosophie autour de membres, etc., grosse claque pour moi, puis dans mon rap, les références ne manquent pas. Le côté «close mic», «keep it raw», on s’en fout tu comprends, les flows un peu «off Beat», c’est super inspirant et très original de vouloir faire quelque chose de différent, tu comprends.

Son «top» rap

Je peux dire assez facilement que mon rappeur préféré c’est «Capital STEEZ», et j’accrochais beaucoup de bases au collectif «Pro Era» ect. Après, l’inévitable «Ghostface Killah» et «MF Doom», je te dirais que c’est trois artistes que j’apprécie énormément. Le fait que Capital STEEZ parle beaucoup de la mort, ça me ramenait aussi pas mal à Tupac et à MAKAVELI, entre autres, Pac’ et STEEZ, étaient deux prophètes.

«And I’d rather die by homicide Instead of goin’ out without a pride»

 

Merci à Phat est la Sonorité pour son oeil et à Catherine reviews pour sa présence et sa passion pour cette musique. 

 

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Rédacteur en chef. J’ai la plume passionnelle. Toujours le petit coup de crayon afin de souligner l'histoire et les tendances.

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